vendredi 19 mai 2017

201 - Charmante beauté que j’adore

Et voilà, c'est reparti ! Après une petite pause, histoire de s'auto-féliciter pour la deux centième, on leur lâche la bride et nous revoilà dans les discussions interminables entre deux tourtereaux. Et que je te fais mon intéressant et mon vantard, moi le garçon. Et que je minaude en faisant semblant de ne pas me décider, moi la fille. Bon, honnêtement, on sait tous comment ça va se terminer ! Alors les chansons dialoguées entre amoureux n'ont plus grand chose à nous apprendre.
Le grand intérêt de celle ci c'est qu'elle a été collectée dans le pays de Châteaubriant, dont nous allons beaucoup vous parler au cours des prochaines semaines, avec la concrétisation d'un de nos projets : la sortie d'un disque consacré au répertoire qui y a été collecté. Voyons cela plus en détail.
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vendredi 12 mai 2017

200 - Les marins de Redon (2)

Notre chanson de la semaine a une particularité : c'est la 200ème publiée dans ce blog ! Pour l'occasion, nous vous proposons une nouvelle version d'une de nos chansons préférées. Vous reconnaîtrez aisément le rythme du rond guérandais dit « rond paludier » ; ce qui confirme encore la localisation géographique de cette chanson.
Deux cent chansons parmi les milliers que compte le répertoire traditionnel. Deux cent perles de culture populaire issues des collectes réalisées en Loire-Atlantique. Deux cent textes sortis de nos archives sonores, de nos éditions et des cahiers de chansons, réinterprétés par les chanteurs et chanteuses de l'association Dastum 44. Merci encore à toutes celles et tous ceux qui y ont participé depuis quatre ans en donnant de la voix (1)
Mais revenons maintenant à la chanson et à nos marins
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Accueil d'une personne en SERVICE CIVIQUE

Dastum 44 ouvre un poste à une personne en service civique pour une durée de huit mois à partir du 1er septembre prochain.
En résumé : La mission proposée par Dastum 44 s'inscrit dans ses objectifs de valorisation du patrimoine culturel immatériel de Bretagne. Les tâches confiées sont :l'accueil du public, la numérisation et la documentation d'archives sonores ou écrites, avec un travail plus suivi sur l'inventaire d'un fonds documentaire particulier.

Si vous êtes concerné(e) ou connaissez une personne intéressée vous pourrez obtenir toutes les informations en téléchargeant ce document

vendredi 5 mai 2017

199 – Il est dix heures en ville (Petites coquines)

Nous avons jusqu'ici fait peu de place aux chants à dizaine qui constituent pourtant une part importante du répertoire traditionnel. Ce sont essentiellement des airs à danser ou, comme celui ci, utilisés pour mener la marche. Le principe en est simple : un couplet unique qu'on décompte de dix à un (« C’est dans dix ans… », « Y a 'core dix filles », etc). La chanson énumérative à dizaine est fréquemment utilisée pour accompagner la marche. Ce n'est pas tant qu'elle demande moins d'efforts de mémoire qu'une chanson « à texte ». Mais elle permet plus facilement à l'auditoire de répondre au meneur ; et de passer le temps en diminuant la fatigue et la sensation de longueur de la marche.
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vendredi 28 avril 2017

198 - Je me suis marié

Après plusieurs semaines passées à vous conter les mauvais cotés du mariage d'un point de vue féminin, il aurait été bien injuste de ne pas rechercher une forme de parité. Voici donc les mésaventures d'un mal marié. N'en concluez pas trop vite qu'il s'agit là des lamentations d'un pauvre gars tyrannisé par sa femme. Tout nous porte à croire que cette chanson fait aussi partie de ces textes qui tournent en dérision le coté bancal de certains mariages et qui sont plutôt un argument utilisé par des femmes. Celle ci force le trait pour nous montrer un couple où – selon l'expression consacrée – c'est madame qui porte la culotte. C'est donc plutôt une chanson pour faire rire que pour faire pleurer sur le sort d'un mari battu.
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vendredi 21 avril 2017

197 – Là haut sur ces rochettes

Après les impatientes fatiguées de leurs parents et les mal mariées lasses de leur vieux bonhomme, nous poursuivons notre visite au salon du mariage, rayon scènes de ménage. La chanson que nous vous proposons cette semaine se chante, bien entendu, avant le mariage. Elle s'adresse aux filles qui hésitent à s'engager, pour les en dissuader complètement. On peut s'interroger sur le sens du mot honnête qui est employé ici pour qualifier le garçon. Probablement plus proche de convenable ou présentant bien que de loyal. Car la chanson rappelle que sitôt la cérémonie passée un changement radical s'opère.
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vendredi 14 avril 2017

196 - Mon père n’avait que moi de fille

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas ; Les chansons et les filles non plus. Nous passons de celle qui était pressée de se marier à celle qui le regrette. Il faut dire que nous avons là le résultat d'un de ces mariages arrangés dans l'intérêt des parents plutôt que dans celui de la fille. Mariage d'argent ou mariage d'amour ? La chanson permet de se moquer de situations sans doute trop fréquentes en revalorisant les sentiments par rapport à la richesse.
Cette chanson, pas si courante dans la tradition, fait partie des petits trésors découverts par Jean Tricoire dans le pays de Chateaubriant. L'original, enregistré dans les années 60, n'étant pas de suffisamment bonne qualité pour être inclus dans le CD en préparation (1), nous avons choisi de le réinterpréter pour vous.
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vendredi 7 avril 2017

195 - Mon père mariez moi donc

Qu'allait-elle faire à la fontaine ? demandions nous à propos d'une précédente chanson, celle de la fille au cresson. Cette fois la réponse est on ne peut plus claire, comme l'eau de la fontaine. Si cette chanson n'est pas répertoriée en tant que telle dans les catalogues de la chanson populaire, elle emprunte ses arguments aux répertoires des filles pressées de se marier ainsi qu'aux rencontres amoureuses au bord de l'eau. Elle a été chantée à Fernand Guériff par une « dame Le Gall de Saillé d'après le répertoire d'une demoiselle Braire de Clis, recueilli par Mlle Rio ». Une chanson typiquement guérandaise donc. A ce propos vous a-t-on rappelé que les ouvrages de Guériff sont en promotion en ce début de printemps ? Oui, alors passons à la suite.
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vendredi 31 mars 2017

194 - Le bouquet de saulde

On connaissait les chansons à faire pleurer la mariée ; en voici une pour faire pleurer les délaissées. Cette coutume, déjà notée par plusieurs historiens locaux, a encore été rapportée à Patrick Bardoul lors d'un collectage, dans les années 80, en la commune de Ruffigné. Le plus extraordinaire c'est que cela donnait lieu à des réjouissances, puisque cette chanson est un air de danse en rond.
La chanson en elle même n'est pas spécifique à cette occasion. Même si son thème se rapporte à l'abandon d'une jeune fille et à sa fin dramatique, l'analogie s'arrête là.
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Promotions printanières

Profitez des promotions sur nos livres et nos CD !
Nos collections vont s'enrichir de nouvelles éditions. Dès la mi septembre 2017 un double CD consacré aux traditions du pays de Châteaubriant viendra compléter la collection « la Bretagne des pays » éditée par Dastum. Nous y collaborons activement. En 2018 nous espérons continuer notre collection « en Loire-Atlantique » avec un quatrième volume. Pour préparer ces sorties nous avons besoin de faire de la place en déstockant les parutions les plus anciennes.

En consultant la page « nos éditions » vous pourrez donc constater que certaines de nos productions on vu leur prix baisser : un exemple ? Chacun des volumes des collectes de Fernand Guériff est désormais au prix de 15 €, les trois pour 40 € ou deux au choix pour 25 €. Faites vous plaisir ! Vous nous aiderez aussi à poursuivre nos activités. Nos ressources sont modestes et à moins que vous ne connaissiez un généreux mécène... !

vendredi 24 mars 2017

193 - Si j’avais un mari

Chanson d'amour ou chanson à boire ? « Si j'avais un bon ami » pourrait être classée dans l'une ou l'autre de ces catégories. Nous n'avons trouvé que deux exemples de cette chanson dans nos archives. Celle que vous entendrez ici vient d'un cahier de chansons des parents de Fernand Guériff. Elle a été publiée dans le troisième volume de ses collectes (1). Elle y est présentée comme une « chanson de noce ». Voilà peut être pourquoi l'ami est y devenu un mari. Guériff la compare avec d'autres exemplaires connus. Ce thème qui n'est pas si répandu est, en revanche, bien diffusé : Québec, Louisiane, Wallonie, Jura, Normandie, Morvan, Savoie...et Bretagne donc. Si la trame reste à chaque fois la même, les couplets sont très variables.
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vendredi 17 mars 2017

192 - Les marins de Redon

Cette chanson des marins de Redon est une déclinaison tout à fait locale d'un thème connu dans toute la francophonie et même au delà. C'est l'histoire d'une jeune fille qui échappe, par la ruse, aux visées de messieurs trop entreprenants. Ses péripéties vont nous entraîner jusqu'au plus profond du moyen-âge, mais son déroulement fait écho à des préoccupations bien actuelles. En ce sens elle pourrait être considérée comme un hymne à la tolérance.
Nous devons ce texte à M. Félix Aoustin, de Saint Joachim, en Brière, par l'intermédiaire de Raphael Garcia. A ce propos, Dastum 44 consacre prochainement un atelier « chants du tiroir » (1) à la découverte des collectes de R. Garcia. Notez la date du 28 mars sur votre agenda.
Mais revenons à notre chanson de la semaine. Sous son aspect assez simple elle recèle des détails qui méritent quelques explications.
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vendredi 10 mars 2017

191 - Les avantages du chemin de fer

Décidément, ce blog, créé pour valoriser la chanson traditionnelle, fait la part belle aux auteurs de chansons populaires sortis de l'anonymat. Encore qu'en écoutant cette chanson on se demande si son auteur n'aurait pas mieux fait d'y rester. C'est tout à fait par hasard, en recherchant d'autres sources sur le site de la BnF, que nous sommes tombés sur un opuscule signé « Jean Robineau, du Val de Morière en Touvois (Loire-Inférieure) », publié en 1863. Il regroupe quelques chansons d'intérêt purement local. Toutes ont été composés sur des timbres, c'est à dire des airs préexistants. Vous reconnaîtrez sans peine celui ci.
Autre surprise, si le titre évoque les progrès de la technique, c'est la chasse qui en devient rapidement l'argument principal. Sur le fonds comme sur la forme c'est assez confus. Nous vous la proposons uniquement à titre de curiosité.
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vendredi 3 mars 2017

190 - Un drame familial

La publication de cette chanson ne doit rien à l'actualité, même si le hasard fait se télescoper des événements qui n'ont aucun rapport entre eux. Elle n'a pas été collectée à Orvault, mais dans la presqu'ile de Guérande. Aucun indice ne permet de la rattacher à un fait divers en particulier.
Les histoires tragiques ressortissent habituellement du domaine de la complainte. Curieusement, si ce texte est aujourd'hui assez connu dans toute la Haute-Bretagne c'est par une version à danser entendue dans bien des festou noz (1). Avec notre chanson de la semaine nous le rétablissons à sa place. C'est à dire celle des veillées où ce genre de complainte criminelle avait fonction de chanson édifiante.
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vendredi 24 février 2017

189 - La fille au cresson

On voit régulièrement dans la presse des articles consacrés à des sauveteurs qui n'ont pas hésité à se jeter à l'eau pour secourir une personne qui allait se noyer. Ceux là sont totalement désintéressés et méritent bien leur moment de gloire dans les feuilles de choux locales. En revanche, ceux qui s'occupent de notre fille au cresson marchandent leurs services à la belle qui est en train de couler. Pas étonnant qu'elle se venge en leur « chantant une chanson ». Ces trois personnages sont décrits comme des barons c'est à dire de petits nobles qui n'hésitent pas à abuser du peuple et en particulier des filles. On pourrait presque entendre en écho dans cette description un « j'aime pas la noblesse ». La fille au cresson est un tube de la chanson traditionnelle ; certainement l'une des plus interprétées et collectées en toutes régions.
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vendredi 17 février 2017

188 – Charmante Catin

A mi parcours entre la Saint Valentin - fête des fleuristes autant que celle des amoureux – et la Sainte Aimée voici un texte tout à fait d'actualité. Cette magnifique chanson d'amour au langage printanier a été entendue souvent chez les chanteurs de tradition, en Bretagne ou ailleurs.
Ce dialogue entre un Monsieur et une fille du peuple s'inscrit dans la lignée des bergeries qui ont fleuri (1) tout au long du 18ème siècle. Bergères, meunières, jardinières...rêvant au prince charmant y sont courtisées par un Monsieur, noble ou bourgeois, qui leur propose d'échapper à leur condition et de trouver l'amour. Ces chansons sont fort nombreuses mais peu atteignent l'intérêt poétique et mélodique de celle ci.
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vendredi 10 février 2017

187 - Roulette et roulons

En recherchant cette chanson dans nos archives sonores, nous avons eu la surprise de constater que les interprètes se prénomment fréquemment Constance, Gisèle, Amandine ou Maria. Voici pourtant une chanson qui devrait faire partie du répertoire des salles de garde. Qualifiée de graveleuse (1) plutôt que de paillarde, elle exprime de façon assez explicite les conditions d'une maternité non désirée, avec force détails imagés sur l'acte sexuel.
Chanson de fin de soirée ou de fin de repas, aux paroles atténuées pour être comprises des seuls adultes ? Elle est quasiment absente des ouvrages anciens de chansons populaires. Preuve que les collecteurs du temps passé étaient assez réservés.
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vendredi 3 février 2017

186 - Sous un saule

Les gens qui sont jeunes pourquoi dorment-ils ? Ce refrain fait étrangement écho à celui chanté par le coq sur le pont (1). Ah si seulement elle avait vu son ami, la fin de la chanson aurait été tout autre ; encore une occasion manquée !
Il lui a mis une rose dans la main. Nous laisserons aux spécialistes du langage des fleurs et des relations amoureuses le soin de décoder ce geste. Nous nous contenterons de relever dans cette chanson un autre détail, vestimentaire, qui peut passer aujourd'hui pour anachronique.
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jeudi 2 février 2017

Stéphane Glotin

Stéphane Glotin nous a quitté samedi dernier, à l'âge de 94 ans. Conteur, chanteur, collecteur...il était une figure des traditions de son pays de Campbon. A tous ses proches, famille, amis, Dastum 44 présente ses sincères condoléances.
Les chansons qu'il nous a transmises continueront à vivre pour nous, pour vous. Retrouvez une partie de son vaste répertoire dans ce blog ; ses chansons ont été publiées sous les numéro : 5 :– enfant petit – 111 : Quand Margoton sort de sa cour – 117 : chanson de la mariée - 120 : Ami, mon bel ami - 147 : complainte du roulier – 150 : Quête de mai.
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vendredi 27 janvier 2017

185 – Dans les faubourgs de Guérande

Dans la chanson de la semaine dernière il était beaucoup question de couleurs de cheveux. Ce sera encore le cas cette semaine, mais cette fois le choix sera plus facile. D'entre trois sœurs c'est la plus jeune qui a de magnifiques cheveux qui lui pendent jusqu'au talon. Cette blonde a un prénom bizarre. Il est vrai qu'on en voit aussi de toutes les couleurs à l'état civil.
L'histoire est bien connue dans toutes les régions et particulièrement dans l'ouest. Nous en avons retrouvé de nombreuses versions dans nos archives sonores et dans les autres collectes. Celle ci vient de la presqu'ile guérandaise. Son refrain « verse à boire » ne laisse aucun doute sur son usage.
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vendredi 20 janvier 2017

184 - Le coq qui chante (Dessus les ponts de Nantes)

Dans la famille des nombreuses chansons localisées sur les ponts de Nantes voici celle du coq qui chante. Que nous dit il ce bel emplumé ? Que les hommes préfèrent les blondes ? Que les brunes ne comptent pas pour des prunes ? Au delà d'une revue des couleurs y-a-t-il un message dans cette chanson ?
N'espérez pas que nous répondions à toutes ces questions. Ce qui nous amuse avec cette version qui vient du Pays de Retz, c'est que sa conclusion, contrairement à l'habitude, n'hésite pas à donner clairement les avantages du choix d'une « brunette ».
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vendredi 13 janvier 2017

183 - Complainte de Saint Hubert

Après la fête, adieu le saint ! C'est le 3 novembre qu'on fête les Hubert. Peut on parler d'actualité cette semaine si ce n'est pour évoquer...la fermeture de la chasse. Beaucoup de chansons célèbrent Saint Hubert, patron des chasseurs et des forestiers. Gaillardes, paillardes ou gentiment ringardes elles sont plutôt destinées à un univers assez macho. On en est très loin avec cette complainte à caractère religieux qui se classe parmi les légendes édifiantes et morales. Elle a été collectée chez Mme Rastel en pays briéron, une contrée de chasseurs.
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samedi 7 janvier 2017

182 - Remue tes canettes

Derrière ce titre énigmatique se cache une chanson très connue sous le titre « Mon père me marie au fils d'un avocat ». Cette gauloiserie parfois titrée « le combat entre les draps » nous ramène à une époque où la nuit de noces était autant un sujet d'attentes que de plaisanteries. L'éducation sexuelle des jeunes filles par leur mère y laisse à désirer. Elle est simpliste et tardive !
Cette chanson est connue au moins depuis le 16ème siècle. Elle est répandue dans tout le folklore francophone avec une grande diversité d'airs, de formes et de refrains. Celui ci, entendu dans le pays d'Ancenis, est une rareté.
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