vendredi 13 avril 2018

244 - Ce sont trois jeunes capitaines


Comme tous les enfants qui ont entendu pour la première fois le thème de cette chanson, vous vous êtes apitoyés sur le sort cette fille « vilaine » rejetée par un capitaine. Puis vous avez compris que ce n'était pas sa laideur supposée que désignait ce terme mais son statut social. La vilaine est simplement une femme du peuple, une roturière, par opposition à la noblesse. Un grand mystère entoure le sort de cette femme, lié à la floraison d'un bouquet de marjolaine : si elle flétrit je serai vilaine – si elle fleurit je serai reine !
Le chant scolaire a beaucoup fait pour la popularisation d'une version particulière, avant la grande guerre. Cette chanson type ne date pas de la troisième république. Elle a connu une longue histoire que nous allons essayer de résumer sans trop simplifier.
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vendredi 6 avril 2018

243 - Le testament de l'âne


Rien de mieux qu'un héritage pour déchirer une famille. Nous en avons, en ce moment, le plus brillant exemple étalé complaisamment sous nos yeux dans les média. Les guerres de succession dressent frères, sœurs et autres ayant-droits les uns contre les autres. Il faudrait être un âne pour imaginer que l'attrait de l'argent ne peut attiser des rancœurs infinies et indéfinies.
Justement c'est le testament d'une ânesse que la chanson ouvre devant nous sur un mode satirique. Asservi par l'homme tout au long de sa vie pour porter des charges, l'animal se contente, de son vivant, d'être entêté et de faire de la résistance passive. Il se venge après sa mort par des dernières volontés qui n'ont rien à envier à bien des exécutions testamentaires.
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vendredi 30 mars 2018

242 - Je me suis levé par un matinet


Noël au balcon, Pâques en chanson, comme le dit l'adage qui se prête si bien aux détournements. Ce n'est pas que la période manque de chants, de quête par exemple, mais il faut bien reconnaître que les deux fêtes correspondant aux événements principaux de la vie du Christ, naissance et résurrection, n'ont pas connu le même traitement. Pour l'un quelques chants de quête ; dans notre région essentiellement le chant de la passion. Pour l'autre des quantités de chants populaires ou non, rassemblés dans des ouvrages anciens ou plus récents. La « Belle bible des noëls guérandais » compilée par Fernand Guériff est l'un de ces ouvrages. Notre chanson de la semaine (y'a plus de saisons ma bonne dame !) en est extraite.
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vendredi 23 mars 2018

241 - Dans la rue de Pénestin


Pourquoi les oiseaux chantent-ils toujours en latin dans les chansons traditionnelles ? Cette langue aujourd'hui considérée comme morte, était autrefois celle de l’Église mais aussi des savants, des érudits. Les oiseaux sont donc présentés comme des sages ou des philosophes exprimant des maximes dans un langage incompréhensible pour le commun des mortels. Ce qui n'a pas empêché la tradition populaire d'y prêter une signification. Voyez à ce propos les mimologismes dont quelques beaux exemples figurent sur le CD « Pays de Chateaubriant » que nous avons récemment publié (1).
Voyons maintenant pourquoi cette histoire se déroule à Pénestin.
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vendredi 16 mars 2018

240 - La Corsairienne


Un petit nombre de chansons célèbrent les exploits des corsaires et autres flibustiers. Le « trente et un du mois d'août » est la plus connue. Son refrain s'adresse au roi d'Angleterre avec le même terme qui assura la célébrité d'un général nantais. C'est d'ailleurs son timbre qui a servi a l'élaboration de la chanson « la Corsairienne ».
Elle a été publiée pour la première fois au milieu du 19è siècle dans l'ouvrage de Guillaume de la Landelle « le gaillard d'avant ». C'est plus un chant sur le milieu maritime qu'un chant de marins au sens où on l'entend habituellement. Elle fait référence à des événements biens réels et nous renseigne sur des faits moins connus de cette activité : les rapports des équipages de course avec les financiers et la justice.
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vendredi 9 mars 2018

239 - Mon père m’a donné un mari


Le petit mari est un des grands classiques du répertoire traditionnel. On ne compte plus le nombre de versions, récoltées en tous points du territoire, de ces aventures tragi-comiques contées par de jeunes épouses déçues. Ces épisodes sont souvent assortis de refrains du type « jamais je n'avais tant ri » qui expriment autant la dérision ou la moquerie que la joie de vivre. Le terme de petit mari ne fait pas référence à sa mesure sous la toise mais à ses difficultés à satisfaire son épouse.
Plusieurs chansons-type ont décliné ce thème, avec des fins plus ou moins heureuses. Dans une précédente livraison (1) le jeune marié s'en tirait avec l' obligation de remplir son devoir conjugal trois fois par nuit. Ici la fin est plus cruelle.
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vendredi 2 mars 2018

238 – J' sommes venu vous inviter


Un grand nombre de chansons accompagnent le rituel du mariage. Il y a celles qui suivent le déroulement de la journée des noces. Vous en retrouverez dans le tome 2 des collectes de Fernand Gueriff « le folklore du mariage », que nous avons édité en 2005 (1). D'autres chansons tournent en dérision les époux, le repas ou la nuit de noces.
Celle ci est plus difficile à classer. Elle fait référence à la préparation de la cérémonie. Mais, contrairement aux familières chansons de la mariée et autres chansons des oreillers (2), nous n'avons pas à faire à une tradition dans le processus d'invitation mais plus probablement à une parodie destinée à faire son effet au moment du repas de noces.
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